Acétamipride : la Belgique valide l’utilisation permanente de cet insecticide sur betteraves et pommes de terre

L’acétamipride, pesticide controversé et très débattu, connaît un nouveau tournant en Belgique : après des années de dérogations temporaires, son utilisation est désormais validée de façon permanente pour protéger essentiellement les cultures de betteraves et de pommes de terre. Ce choix réglementaire contraste fortement avec la position actuelle de la France, où l’insecticide demeure interdit, alimentant tensions et débats entre les deux pays voisins. En 2026, la société Certis Belchim a annoncé l’autorisation définitive de son produit phare, Gazelle 120 SL, contenant 120 g/l d’acétamipride, offrant ainsi aux agriculteurs belges une solution stable face aux ravageurs comme les pucerons et les doryphores. Ce virage législatif soulève des questionnements sur les enjeux environnementaux, les alternatives possibles, et la législation européenne qui encadre ces substances phytosanitaires. Alors que la pression monte également du côté français, où une pétition record réclame l’interdiction totale, le cas de l’acétamipride illustre les divergences notables dans la gestion des pesticides à l’échelle européenne.

En bref, voici les principaux points à retenir concernant l’acétamipride en 2026 :

  • 🚜 La Belgique autorise définitivement l’acétamipride sur betteraves et pommes de terre, mettant fin aux dérogations annuelles.
  • 🍃 Le pesticide vise notamment les pucerons vecteurs de la jaunisse nanissante et le doryphore, principaux ennemis des cultures visées.
  • ⚖️ En France, l’acétamipride reste interdit, suscitant un important débat agricole et politique autour de la législation pesticide.
  • 🌱 Des alternatives à cet insecticide sont étudiées, notamment en Belgique, pour répondre aux préoccupations écologiques et sanitaires.
  • 📊 Les agences européennes évaluent régulièrement les risques pour les pollinisateurs, clés de voute de la biodiversité agricole.

L’évolution de la législation belge sur l’utilisation permanente de l’acétamipride en agriculture

Depuis plusieurs années, l’acétamipride bénéficie en Belgique d’autorisations temporaires, renouvelées régulièrement sous forme de dérogations. Cette organisation prudente traduisait à la fois la nécessité de protéger les cultures sensibles et la volonté de limiter les impacts environnementaux et sanitaires. Pourtant, à compter de janvier 2026, la réglementation a pris un tournant décisif en validant l’utilisation permanente de cette molécule dans certaines conditions précises. Cette autorisation porte sur le produit Gazelle 120 SL, contenant 120 g/l d’acétamipride, homologué pour une utilisation sur les betteraves et les pommes de terre.

Les autorisations concernent notamment deux phases spécifiques pour les betteraves : les stades BBCH 12-19, correspondant à une croissance de 2 à 9 feuilles, et les stades BBCH 31-49, durant le recouvrement de la plante. Cette précision permet d’optimiser les traitements pour un effet maximal contre les pucerons tout en minimisant l’exposition inutile des cultures.

En ce qui concerne les pommes de terre, l’insecticide est autorisé pour un seul traitement par campagne, avec une cible élargie comprenant non seulement les pucerons, mais aussi le doryphore, l’un des ravageurs majeurs de cette culture. La restriction à un seul traitement souligne l’équilibre recherché entre efficacité et responsabilité agricole.

La société Certis Belchim a officiellement diffusé une notice d’utilisation dès le 14 janvier 2026 aux distributeurs et prescripteurs belges, afin d’assurer un déploiement encadré et conforme aux bonnes pratiques agricoles. Ce cadre réglementaire clair marque un tournant pour l’agriculture belge, en offrant aux producteurs une stabilité qui leur manquait jusque-là avec les dérogations annuelles, tout en maintenant des garde-fous quant aux usages.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de gestion européenne des pesticides, où les évaluations scientifiques et les arbitrages politiques se croisent régulièrement. Contrairement à certains pays comme la France, la Belgique a fait le choix de maintenir cette molécule dans son arsenal phytosanitaire, illustrant des différences notables dans l’appréciation des risques et des bénéfices associés.

Les enjeux agricoles de l’acétamipride sur betteraves et pommes de terre : efficacité et protection des cultures

L’acétamipride joue un rôle clé dans la lutte contre des insectes ravageurs particulièrement nuisibles aux cultures de betteraves et de pommes de terre. En Belgique, où ces deux productions sont économiquement importantes, il permet de combattre principalement les pucerons verts, vecteurs de maladies comme la jaunisse nanissante, et le doryphore, un coléoptère redouté des champs de pommes de terre.

Les pucerons verts s’attaquent aux feuilles et aux jeunes tiges, causant un ralentissement de la croissance des betteraves. En effet, comme le soulignait un producteur dans l’Oise, lorsque le puceron colonise une plante, la croissance peut s’arrêter prématurément, compromettant à la fois le rendement et la qualité du produit final. Le maintien de l’acétamipride dans le traitement de ces insectes permet donc d’assurer une meilleure valorisation des récoltes.

Sur pommes de terre, le doryphore est un ravageur redoutable, capable en quelques jours de défolier complètement un champ, voire d’amoindrir entraînant une forte baisse des rendements. L’acétamipride, par son action insecticide ciblée, offre ainsi une protection efficace, permettant de préserver la biomasse et la santé des plants.

Un autre avantage souvent souligné par les agriculteurs belges est la sélectivité relative de l’acétamipride. Par rapport à d’autres insecticides, il présente une certaine tolérance vis-à-vis des insectes pollinisateurs, bien que cette caractéristique fasse encore débat chez les scientifiques et associations écologiques. Cet insecticide agit principalement par contact et ingestion, limitant son impact sur les insectes non ciblés selon certains rapports.

Malgré ses atouts, l’acétamipride ne remplace pas les bonnes pratiques agronomiques : rotation des cultures, surveillance régulière des populations d’insectes, utilisation raisonnée des traitements… Ces démarches restent fondamentales pour limiter les résistances et garantir la durabilité des solutions phytosanitaires.

Pour mieux cerner les usages et résultats de l’acétamipride en agriculture, voici un tableau synthétique des principales utilisations autorisées en Belgique :

🌾 Culture📅 Stade de traitement🐞 Cible principale⚠️ Nombre d’applications💊 Produit
BetteravesBBCH 12-19 et 31-49Pucerons verts2 maximumGazelle 120 SL (Acétamipride 120 g/l)
Pommes de terre (consommation et plants)Toute campagnePucerons et doryphores1 seul traitementGazelle 120 SL (Acétamipride 120 g/l)

Pour approfondir cette thématique, vous pouvez consulter l’analyse complète sur l’autorisation définitive en Belgique.

Le différend franco-belge autour de l’autorisation de l’acétamipride et ses implications

Si la Belgique a validé l’usage permanent de l’acétamipride, la France, elle, maintient une position très prudente, voire restrictive, vis-à-vis de cet insecticide. Interdit depuis 2018 à cause de ses effets potentiels sur la santé humaine et les pollinisateurs, le pesticide ne bénéficie en France que de rares dérogations temporaires, notamment sous la pression de producteurs de betteraves, de cerises et de noisettes. Cependant, les tentatives pour sa réintroduction définitive, comme celle portée par la loi Duplomb l’an dernier, ont échoué, laissant le dossier en suspens.

Dans ce contexte, plus de 1,7 million de citoyens français ont signé une pétition pour demander une interdiction stricte, soulignant les craintes écologiques et sanitaires. Cette sensibilisation forte contraste avec le silence ou le consensus relatif en Belgique, où l’acétamipride fait partie intégrante de la stratégie phytosanitaire.

Cette divergence génère plusieurs enjeux :

  • ⚖️ Disparité réglementaire compliquant les échanges et la concurrence agricole entre voisins.
  • 🌍 Débat sur la protection environnementale avec des études scientifiques parfois contradictoires sur la toxicité du pesticide.
  • 🛡️ Incitation à la recherche d’alternatives pour certains acteurs en Belgique et en France, afin de réduire l’usage de substances controversées.
  • 📣 Pression médiatique et politique alimentant des confrontations entre producteurs, écologistes et autorités publiques.

Selon la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, cet insecticide n’est pas jugé dangereux pour la santé humaine par les instances scientifiques européennes, bien que cette affirmation soit contestée par plusieurs équipes de recherche, notamment sur les pollinisateurs. Ce climat d’incertitude nourrit un débat complexe où se mêlent enjeux scientifiques, économiques et sociaux, sans qu’une décision unitaire ne puisse être dégagée à ce jour.

La coexistence actuelle des positions renforce la nécessité d’un dialogue européen renforcé sur l’usage des pesticides et leur impact réel dans différents contextes agricoles.

Les alternatives à l’acétamipride : recherche et développement en agriculture durable

Face aux controverses entourant l’acétamipride, la communauté agronomique et les institutions investissent dans la recherche de solutions alternatives plus respectueuses de l’environnement et de la biodiversité. En Belgique, bien que l’autorisation permanente existe, des programmes sont déployés pour étudier et promouvoir ces options, soucieuses de réduire les dépendances aux néonicotinoïdes.

Parmi ces alternatives, on retrouve :

  • 🌿 Produits biologiques et biopesticides, à base d’extraits naturels capables de limiter les populations de pucerons par action répulsive ou toxique à faible impact.
  • 🔄 Pratiques culturales innovantes telles que la diversification des plantations, le choix de variétés résistantes et les rotations permettant de casser le cycle des ravageurs.
  • 🦋 Encouragement à la biodiversité auxiliaire, favorisant les insectes prédateurs naturels des ravageurs, comme les coccinelles et les chrysopes.
  • 🧪 Techniques de lutte intégrée combinant surveillance, seuils d’intervention et interventions ciblées afin d’optimiser les traitements et limiter les quantités de produits chimiques utilisés.

Ces approches complémentaires visent à pérenniser les productions agricoles, notamment celles de betteraves et pommes de terre, tout en répondant aux préoccupations croissantes du public et des politiques environnementales européennes.

Dans le même temps, des études scientifiques évaluent continuellement l’impact de l’acétamipride sur la santé environnementale. Malgré des garanties relatives, plusieurs chercheurs alertent sur des effets sublétaux sur les insectes pollinisateurs, essentiels pour la reproduction des cultures et la biodiversité globale.

Pour suivre les développements dans ce domaine, il est recommandé de consulter régulièrement les rapports publiés par les agences européennes et les organisations agricoles, ainsi que les analyses réalisées par les experts de TF1 Info.

La règlementation européenne et ses impacts sur l’utilisation des pesticides comme l’acétamipride

La gestion de l’acétamipride s’inscrit dans le cadre plus large de la politique européenne sur les pesticides, où la sécurité sanitaire et environnementale constitue un équilibre fragile. L’Union européenne impose des critères stricts pour l’autorisation, le suivi et le renouvellement des substances actives, en tenant compte des avis scientifiques des agences comme l’EFSA.

La fin programmée de certains pesticides, telle que la molécule spirotetramate contenue dans le produit Movento, prévue pour octobre 2025, souligne la volonté d’orienter les filières agricoles vers des pratiques plus durables. Ces évolutions influent sur les décisions nationales, avec parfois des divergences sensibles, comme c’est le cas avec l’acétamipride.

En Belgique, la validation permanente de ce produit répond aussi à un souci d’assurer une compétitivité économique dont dépendent plusieurs filières agricoles, notamment la betterave sucrière et la pomme de terre. Toutefois, cette nécessité économique doit rester conciliable avec la protection de la biodiversité et des écosystèmes agricoles.

Pour mieux comprendre la complexité de ces réglementations et leur application concrète dans plusieurs pays européens, voici un tableau synthétique :

🌍 Pays📋 Statut de l’acétamipride⚖️ Raisons principales🛠️ Alternatives en développement
BelgiqueUtilisation permanente autoriséeProtection des betteraves, pommes de terre; compétitivité agricoleRecherche de solutions alternatives, lutte intégrée
FranceInterdit depuis 2018, dérogations limitéesImpact sur pollinisateurs et santé publiqueInsecticides alternatifs, loi Duplomb controversée
AllemagneUtilisation restreinte et encadréeSuivi approfondi des risques environnementauxProgrammes de biocontrôle
Autres pays UEDifférents statuts selon législations nationalesÉquilibre entre agriculture et environnementDéveloppement d’innovations phytosanitaires

Pour approfondir ces aspects, il est utile de consulter des analyses publiées par les experts européens et les points de vue des différents gouvernements.

Qu’est-ce que l’acétamipride ?

L’acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, utilisé principalement en agriculture pour lutter contre les pucerons et certains ravageurs comme le doryphore.

Pourquoi la Belgique autorise-t-elle l’acétamipride en permanence ?

La Belgique a validé l’utilisation permanente de l’acétamipride pour protéger les cultures de betteraves et de pommes de terre, en raison de son efficacité contre les pucerons et doryphores et pour assurer la compétitivité des agriculteurs locaux.

Quels sont les risques environnementaux associés à l’acétamipride ?

Des études indiquent que l’acétamipride peut avoir des effets négatifs sur les pollinisateurs et d’autres insectes non ciblés, bien que son impact soit considéré comme moindre que d’autres néonicotinoïdes par certaines agences scientifiques.

Quelles alternatives existent à l’acétamipride ?

Les alternatives incluent les biopesticides, les pratiques agricoles durables, la lutte intégrée et la promotion de la biodiversité auxiliaire pour limiter l’utilisation des insecticides chimiques.

La loi Duplomb en France pourrait-elle changer la situation ?

Malgré une forte mobilisation, la loi Duplomb n’a pas abouti à la réintroduction durable de l’acétamipride en France, le débat reste ouvert entre producteurs, autorités et société civile.

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